une femme qui n’avait clairement pas sa langue dans sa poche
Si vous pensez que les influenceuses, les autrices à succès et les femmes engagées sont une invention du XXIᵉ siècle… raté !
Il y a près de 330 ans, à Nancy, une certaine Françoise de Graffigny débarquait dans l’Histoire avec un caractère bien trempé, une plume affûtée et, manifestement, une furieuse envie de ne pas faire comme tout le monde.
Écrivaine, femme de lettres, intellectuelle, elle s’est fait un nom dans un monde où, disons-le gentiment, la parole des femmes n’était pas exactement au sommet de la playlist.
Et pourtant, Madame de Graffigny écrit. Elle réfléchit. Elle voyage. Elle correspond avec les grands esprits de son époque. Elle observe la société et n’hésite pas à en pointer les absurdités.
Bref : elle avait déjà tout compris avant l’invention des réseaux sociaux.
Une sacrée personnalité
Françoise de Graffigny est surtout connue pour son roman Lettres d’une Péruvienne, publié en 1747.
Un énorme succès à l’époque.
L’histoire raconte les aventures d’une jeune Péruvienne confrontée à la société française. Et évidemment, derrière cette histoire, Madame de Graffigny en profite pour regarder notre belle société française avec un œil très critique.
Les inégalités ? Elle les voit.
La condition des femmes ? Elle en parle.
Les conventions sociales absurdes ? Elle les démonte.
Les hommes qui pensent avoir toujours raison ? … Bon, elle ne pouvait quand même pas tout régler en un seul livre.
Une femme moderne… au XVIIIᵉ siècle
Ce qui est assez génial chez Madame de Graffigny, c’est qu’elle ne se contente pas d’écrire des histoires.
Elle correspond avec de nombreux intellectuels de son époque et devient une véritable figure de la vie littéraire.
À Nancy, puis à Paris, elle fréquente les milieux intellectuels et artistiques et se fait progressivement une place dans un univers largement dominé par les hommes.
À une époque où l’on attendait surtout des femmes qu’elles soient discrètes, élégantes et bien sages…
Madame de Graffigny avait visiblement décidé de prendre une autre option.
Et franchement, on ne va pas s’en plaindre.
Une femme libre… vraiment libre
Au XVIIIᵉ siècle, la vie des femmes est plutôt encadrée : on se marie, on tient son foyer, on reste discrète et on évite de faire trop de vagues.
Madame de Graffigny, elle, semble avoir regardé tout ça et s’être dit :
« Mouais… on va faire autrement. »
Mariée jeune, elle connaît une vie conjugale difficile, puis prend progressivement son indépendance.
Elle voyage, fréquente les milieux intellectuels, écrit, correspond avec les grands esprits de son époque…
Et surtout, elle assume ses choix.
Parce que Madame de Graffigny, ce n’était pas uniquement la plume et les bonnes manières.
Sa vie personnelle est mouvementée, avec des relations amoureuses, des passions et des rencontres qui montrent une femme loin de l’image de la bourgeoise bien sage du XVIIIᵉ siècle.
Disons-le autrement :
Madame de Graffigny avait une vie sentimentale. Et elle n’avait manifestement pas demandé l’autorisation à la mairie.
À une époque où la liberté des femmes était plutôt servie en format mini, elle entendait déjà profiter du menu complet.
La plume et les bonnes manières... mais pas que..
Et c’est probablement ce qui la rend encore plus sympathique aujourd’hui.
Madame de Graffigny n’est pas seulement une grande intellectuelle enfermée dans ses livres.
Elle aime les gens, les échanges, les discussions, les salons, le théâtre, la littérature…
Et visiblement, elle apprécie aussi les petits plaisirs de l’existence.
Bref, une femme cultivée, engagée et indépendante…
mais pas franchement coincée du tout, n’en témoignent les gigantesques fêtes organisées dans le parc de son Château !
On pourrait presque dire qu’elle avait inventé le concept :
« Je suis une femme de lettres, mais je ne suis pas obligée d’être une femme ennuyeuse. »
Elle aurait adoré l'APE Graffigny
Et quelque part, à l’APE Graffigny, on aime imaginer qu’elle aurait aussi beaucoup apprécié nos réunions, nos événements, nos parents motivés…
…et probablement le buffet de la fête de l’école.
Parce qu’une grande femme de lettres reste une grande femme de lettres.
Mais une grande femme de lettres avec un apéro, c’est quand même mieux. 🍷
Une femme qui a fait sa place dans un monde qui ne l’attendait pas forcément.
Et surtout, une femme qui nous rappelle une chose essentielle :
il n’est jamais trop tôt pour apprendre à penser par soi-même.
Bienvenue à votre APE aussi, Madame de Graffigny.
Et bienvenue à côté de l’école Simon de Chatellus où, trois siècles plus tard, les idées continuent de circuler… parfois même plus vite que les enfants dans la cour. Vous êtes aux premières loges pour les surveiller !